Ça casse pas trois pattes à un canard
Pourquoi peut-on aussi appeler les lettres minuscules des « bas-de-casse »? À l’époque où la typographie n’était pas encore automatisée, le typographe devait assembler les caractères sur un « composteur » en les piochant dans une boîte en bois appelée « casse ». Celle-ci était divisée en petites cases appelés « cassetins », dont les plus utilisées, les minuscules, étaient disposées à portée de main (en bas de casse) et les majuscules en haut de la casse. Des synonymes qui s’emploient davantage dans le langage des professionnels entourant le monde du design graphique que celui populaire. Ça ne casse donc pas trois pattes à un canard, c’est logique, quoi!
Parisienne, mignonne, gaillarde, petit canon… Il ne s’agit certes pas ici de répertorier les qualificatifs pouvant être attribués à une femme, mais bien de souligner les noms des différentes tailles de caractère. En effet, à l’origine, chaque taille de caractère était désignée par une appellation spécifique. Celles-ci désignaient donc respectivement les tailles actuelles 5, 7, 9 et 28. Certaines féministes pourraient dès lors presque affirmer que le monde des typographes était quelque peu macho.
Des chiffres indisciplinés
De façon générale, les chiffres arabes sont présentés en version Didot, c’est-à-dire qu’ils ont la même hauteur que les lettres capitales. Mais certaines fontes offrent une alternative qui a beaucoup de caractère. On les appelle les chiffres elzéviriens, qui ont pour particularité de dépasser de part et d’autre de la ligne de pied. Ce style original offre ainsi une solution de rechange moins conventionnelle, plus éclatée. On aime ou on n’aime pas, mais personne ne reste indifférent.
Pour d’autres brèves sur la typographie, consultez notre article sur les typographies légendaires !


















